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 les vertiges des regards (dino)

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Naïa Keynes
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MessageSujet: les vertiges des regards (dino)   Mar 9 Fév - 18:31

les vertiges des regards.



    son être tournoie dans l'océan de son grondant au cœur d'un univers parallèle, l'univers des autres, les déchus du monde, les dépossédés, insensés esprits aux horizons bien définis; moisir dans une cage à jamais, jusqu'à ce que l'ultime rayon du jour s'éteigne au-delà la beauté paisible des cimes de tous ces arbres, s'élevant dans la contrée solitaire. les loups hurlent au loin à la lune, et toutes ces âmes les imitent d'un même entrain, d'une même fureur, d'une même rancœur.  
    tous similaires, tous différents, le brouhaha de leurs cœurs s'éparpille dans les moindres recoins du réfectoire. et dans tous ces regards qui se croisent, se lit le mépris évidemment de ce miroir reflétant sa propre image, à l'identique, des centaines et des centaines de fois.
    elle, l'enfant brisée aux yeux intrépides se contente d'avancer, en des pas déterminées, une allure décidée, sans jamais céder aux lueurs de défis scindant l'air d'un éclat argent.
    intouchable, à demi-vivante, elle n'a pas peur de ce qu'elle est et de ce qu'elle entrevoit d'elle-même au travers tous ces regards la défiant. elle est prête à le soutenir, ce regard braise. la peur n'est plus qu'un mirage dans le lointain obscur de ses souvenirs, s'éclipsant de jour en jour tel un nuage de fumée se dissipant sous les douces rafales du vent.
    seule, toujours seule, naïa n'est qu'une ombre parmi tant d'autres, peinte dans la pénombre, se pensant dieu, se sachant pourtant moindre. dans le fond, qui se préoccupe de sa souffrance ? qui se préoccupe de la gamine pleine d'images éclairs frappant dans sa tête, répétition sanguinolente d'un passé incessant ? qui se soucie de ce qu'elle est et de ce que ressent cette maudite délinquante ternissant la société ?
    personne, si ce n'est le tic tac insaisissable du temps s'écoulant sur sa chair translucide.
    elle l'entend vibrer en elle, ces deux notes imperceptibles glissant sur son corps au rythme de son cœur.
    tic
    tac,
    boum
    boum.

    concert vigoureux engourdissant ses tympans, domptant le cercle vicieux du son s'échappant des lèvres de tous les autres, de tous ses frères et sœurs les esseulés, les meurtris, les déjantés.
    seule, à une table, son plateau sous ses yeux, elle n'a pas la force de manger, pas la force de prétendre ressentir un quelconque besoin de vivre plus longtemps.
    elle se contente de fixer les vertiges des regards de tous les autres, de s'y perdre littéralement jusqu'à en oublier ses pensées, jusqu'à en oublier qui elle est.
    dans un murmure inaudible, elle se dit simplement:

    je suis eux, ils sont moi.


_________________
she was drowning,
but nobody saw her struggle.

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Dino Brownon
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MessageSujet: Re: les vertiges des regards (dino)   Ven 12 Fév - 16:22

que faire ici, à part
tourner en rond
et remuer la merde ?
tu connaissais tous les papas qui partent et les baratineurs mais pas la souffrance d’un fils quand c’est l’papa qui meurt. quand le tien s’est fait descendre juste en bas de chez toi, t’as réagi comment? tu ne sais même plus. tu préfères oublier cet instant, celui où deux mecs cagoulés ont vidés leur chargeurs dans son dos. des lâches, des putains de lâches. toute la haine qu’avait ton père avant de mourir, elle t’a envahie. la nuit, le jour, elle te hante, elle te possède, elle fait valser tes émotions entre lumière et noir obscur, elle te ronge de l’intérieur et rien, oh non rien, ne peux la faire partir. elle est pire qu’une ex, pire qu’une sangsue, pire qu’une maladie incurable, pire que tout. tu ne trouves pas d’issues et maintenant que t’es enfermé ici, les issues se font encore plus rares. ils croient quoi eux? qu’en vous confinant ici, vous allez confesser vos péchés? que vous allez changer? ils se trompent, ils ne font que faire macérer la merde, il ne font que faire bouillir des encéphales en sous-régime, ils vont vous faire péter une durite. ça va mal finir tout ça, pour toi, pour eux. tous ces jeunes entassés dans ce réfectoire, dans la cour, dans les dortoirs. t’as l’impression que toute la haine du monde est cachée sous un bonheur superficiel. il y a des rires, des sourires sur les visages. comment peuvent-ils être heureux d’être ici? tu ne comprends pas.

toi,
oui toi,
pourquoi tu te plains?
hein, pourquoi?
si t’es ici,
c’est que tu l’as bien
cherché,
ne l’oublie jamais

n’oublie pas qu’ici, t’es pas à l’abri. t’es à l’abri nul, et les tiens ne sont pas forcément à l’abri non plus. tu les as laissés tout seul avec le frigo vide et ces lettres qu’on refuse d’ouvrir. t’as tout gagné, tu te retrouves tout seul tout aussi, dans cette prison de fer avec ces autres gens que tu ne supportes pas. avec toi, c’est facile de faire une croix sur son propre horizon. et arrête de dire que c’est la faute de ton père, que c’est la faute des autres. il se retournait dans sa tombe s’il voyait son fils se défiler comme ça, ne pas assumer ses choix. pourtant t’as eu plusieurs le choix de tout arrêter, de te calmer, de laisser des poings au fond de tes poches ou de les valser dans des gros sacs de boxe. mais non, tu as préféré cogner le coach parce qu’il te poussait à sortir tout ce noir qu’il y a en toi. il ne faisait que t’aider mais t’as préféré l’amocher.. peut-être que t’as fait ça pour qu’elle comprenne à quel point tu peux, toi aussi, être amocher à l’intérieur?

plateau dans les mains, tu avances dans la jungle où les jeunes crient, parlent forts et se détestent sous des airs de ‘je t’aime’. tu soupires et t’installes à la seule table, en diagonale d’une jeune femme qui n’a l’air de pas être à sa place ici non plus. tu te mets à dévorer ton repas, sans un mot, les poings serrés autour de tes pauvres couverts en plastique. parce qu’il faudrait pas que l’envie de planter l’un d’eux dans les joues d’un autre passe par l’esprit étroit de l’un de vous.
- tu manges pas ton dessert ?
ton accent anglais est bien prononcé dans ton français. c’est la seule chose que t’as trouvé à lui dire? sans le savoir, et avec l’habitude, tu ne souris pas, tu la dévisages presque.

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Naïa Keynes
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MessageSujet: Re: les vertiges des regards (dino)   Dim 21 Fév - 20:24

les vertiges des regards.



    elle se souvient des repas d'autrefois, la gamine. de ces repas entre des murs qui ne furent jamais siens, ternes, sans vies, à s'en tirer une balle dans le crâne tant ils respiraient l'odeur d'une vie mensongère. dans tous ses foyers, les uns après les autres, ce même parfum permanent collant à ses narines, ses souvenirs, les images d'un avenir toujours aussi sombre, obscurité feignant la clarté.
    mais, plus que tout, elle se souvient des regards embrasant sa peau, de ces inconnus la prenant sous leurs toits en échange d'une falaise d'argent atténuant les dégâts causés par la jeune fille fougueuse, mal-éduquée, probablement dédiée à finir sa vie en cellule d'isolement. c'est ce qu'ils pensaient tous de leurs pensées traversant leur iris sans fausses prétentions, des pensées la giflant de plein fouet, comme si elle était d'or et déjà condamnée à ce funeste destin.
    gamine insolente, p'tite peste enragée, bonne à finir en cage.
    ou à crever, juste crever.
    encore peut-elle nous servir à nettoyer cette baraque sans fond.
    baisse ton regard chienne, baisse le ou j'te flingue.
    putain, j'en veux plus de cette gosse, sans utilité, juste à se rebeller et prétendre tout savoir sur les lois de l'univers.

    des pensées, paroles, prononcées d'un ton dédaigneux, le ton des adultes jouant les savants, probablement tous fous, déglingués, aliénés. pourtant, elle n'a jamais rétorquée, jamais, trop timide, ou pacifique, elle demeurait à sa place, les yeux baissés, bien qu'éteints, à suivre les ordres à la lettre de toutes ces familles la méprisant pour ce qu'elle était, une orpheline d'incarcérés.
    alors, elle aussi, elle devait l'être. c'était écrit disaient-ils, dans la grande bible des adultes érudits. chaque ancien repas se résumait à cela, cette haine, jusqu'à ce que tout dégringole, jusqu'à ce qu'elle devienne enragé à son tour, comme atteinte par le virus de la vache folle. la muette a connu un miracle, la muette s'est mise à hurler, à cogner, à saigner sous les clartés de la lune sainte. dans le fond, ils avaient peut-être tous raison, à lui prédire un avenir de délinquante. comme un fils d'avocats suivrait les voies de ses parents dans le domaine de la justice, elle, elle les as suivis dans le domaine de l'injustice.
    mais, qu'est-ce que la justice ou l'injustice ? un ramassis de conneries dépendant des valeurs de chacun. pour elle, la fille de délinquants, la justice résulte dans l'art de la vengeance et du sang. dans l'art de la mort, de savoir encaisser les coups pour mieux les lancer.
    au moins, ce repas en compagnie de tous les délaissés par l'inhumaine société est de loin le plus authentique qu'elle n'est eu. c'est elle à présent qui lève les yeux et scrute les iris de toutes ces bêtes enragés.
    de cette bête enragée posant son plateau sur la même table qu'elle, prenant place à ses côtés. un garçon hurlant en silence, comme tous les autres, mais ne prétendant pas au bonheur.
    jamais, ce serait mentir, et le mensonge est exclue de la bible des adultes érudits.
    lui aussi, il est plein d'émotions, un mélange de rancœur mélangé à la fureur.
    et elle trouve ça si beau naïa, ça crépite, ça s'enflamme, ça s'embrase. spectacle tragique se répercutant au sien, elle ne le quitte pas des yeux, parce que plus jamais la gamine grisée ne baissera le regard.
    il parle.
    elle écoute, jetant un regard à son dessert solitaire.
    « il y a des activités plus intéressantes que manger son dessert, c'est tout. » rétorque t-elle, sans quitter du regard le garçon chandelle, comme si elle avait peur de rater l'explosion.
    et, comme si elle attendait sa question, elle ajoute en une voix posée ;
    « comme contempler les faux sourires des autres, et leurs regards à l'opposé pleins de fureurs. »
    ses paroles traversent les brouillards de son entourant les deux incarcérés destinés à hurler à la lune sans jamais obtenir la moindre réponse. soudainement, comme si ça lui brûlait la gorge de l'ajouter, elle murmure :
    « toi, t'as pas le sourire, juste la fureur. »


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