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 [Libre] Après tout, on n'est que des gosses

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Aaron Hopper
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MessageSujet: [Libre] Après tout, on n'est que des gosses   Dim 17 Jan - 14:48

Rien qu'à l'instant où tu passes ces portes tu te sens mieux. C'est comme si ta mélancolie s'évaporait l'espace de quelques secondes, comme si ces vieilles planches de bois reliées au mur par des gonds antiques et qu'ont l'air d'avoir été peintes il y a des décennies avaient le pouvoir de minimiser la souffrance pour te laisser entrer dans un univers plus accueillant, plus chaleureux, plus Heureux... ça doit être l'ambiance qui traîne ici, on se croirait dans un vieux bar paumé au milieu d'une campagne paumée, en bordure d'une grande route déserte... un peu comme dans les vieux westerns américains là, ceux qu'ils passent des fois sur l'ancienne télé dans le coin de la salle.

A chaque fois que je rentre dans cette pièce je me sens... je me sens moins seul. Même si je parle à personne, même si je reste assis sur un tabouret pourri dans l'ombre comme un foutu dépressif, la solitude s'efface malgré tout, on dirait qu'en dépit de ses tentatives elle arrive pas à m'atteindre quand je suis là, je sais pas. J'ai l'impression d'appartenir à un vrai groupe, comme une communauté, et le fait qu'il s'agisse d'une bande de tarés psychotiques me traverse même pas l'esprit parce que cette pièce elle a une essence, c'est un truc de malade, c'est comme l'âme de cet endroit pourri, comme si tous nos espoirs perdus et nos rires se cachaient ici depuis tout ce temps et attendaient simplement qu'on les découvre, qu'on les retrouve...

Un jeune homme entre dans la salle d'une démarche nonchalante, ses mains enfoncées dans les poches de son jean délavé, trop timides encore pour se montrer ; son visage renfrogné dévoilant un mince sourire, son dos courbé se redressant comme s'il portait un poids qu'on lui retirait... Il se pose contre un mur, dans un coin peu éclairé de la pièce, et observe les autres détenus présents là avec lui, partageant une certaine connivence avec ces gamins cloîtrés au sein de la même prison.

Et putain comme on se sent bien. Bon, faut relativiser, on n'en oublie pas non plus toute la misère qui nous opprime, mais cet endroit se rapproche pas mal de la liberté pour moi, j'ai l'impression d'être un type tranquille dans une salle de jeux normale qui fait que traîner avec des gens tout aussi tranquilles que lui. Et l'air de rien ça fait chier, parce que ça fait qu'augmenter la frustration. Bien sur que tu peux pas être posé deux minutes sans qu'il y ait de conséquences négatives, tu t'es pris pour qui ? Peut-être que c'est ça notre punition, pour pas rentrer dans je sais pas quelles conneries de normes. On nous retire notre jeunesse, notre droit d'apprécier toutes ces années, et on nous traite comme des sauvages, on nous accorde même plus la moindre décence ou la moindre humanité... comme des bêtes enfermées en cage, comme des putain d'animaux trop sauvages pour être domptés, tellement pas maléables qu'on finit par fait peur aux bons petits samaritains... c'est tellement pathétique de nous enfermer comme ça, au lieu de chercher une vraie solution, ça me fait marrer...

On dit qu'il faut se méfierde l'eau qui dort, et je suis bien d'accord : je pense pas que des bêtes soient faites pour rester en cage.

Il se dirige lentement vers le billard, et le son crépitant du téléviseur accompagne ses pas en rythme, et les rires des autres s'entrechoquent et rebondissent sur les murs ternes qui les entourent, et les lampes accrochées au plafond l'éclairent d'une sombre lumière. D'un geste furtif, il attrape une des queues exposées sur une table de billard dont on se demande comment elle tient encore debout, et il met les billes en place alors que sa voix interroge gravement l'assemblée, la questionnant quant à la présence d'un individu dont la bravoure et l'audace le pousseraient à se porter volontaire pour l'affronter.

Et alors que t'attends qu'un de tes partenaires accepte la proposition tu souris, pleinement, en te disant qu'après tout cette après-midi sera pas si chiante que ce que t'avais imaginé, en te disant que tu pourrais être dans une pire situation que ça, enfermé dans un cachot sous terre, et que quand même c'était bien d'avoir des gens avec qui communiquer un peu, parce qu'au moins comme ça vous êtes pas tout seuls dans votre galère.

Ah ça on peut dire qu'elle est belle ma vie.
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